Pourquoi la musique de Mozart produit - elle autant d'effets ?

Avez-vous déjà entendu parler de « L’effet Mozart » ?


La musique peut avoir un impact positif sur la santé, l’éducation, et le bien-être global. La musique diminue le stress, la dépression ou encore l’anxiété et améliore la mémoire. Il a été observé que la musique de Mozart peut réduire de manière radicale les crises d’épilepsie, aide les rats à sortir d’un labyrinthe plus rapidement, ou rend les vaches laitières plus productives !
C’est le docteur Tomatis qui est à l’origine de ces découvertes sur les effets de la musique de Mozart, et nous pourrions bien donner au célèbre compositeur le surnom de « Docteur Mozart ».


"L’effet Tomatis"


Alfred Tomatis a grandi en France, dans une famille de musiciens. Son père était un chanteur d’opéra, et Tomatis passa la majorité de son enfance à voyager avec lui et à assister à ses opéras depuis les coulisses. Il se dirigea plus tard vers des études de médecine, et devint spécialiste de l’oreille, du nez et de la gorge.
Très rapidement son père lui envoya des collègues chanteurs d’opéra souffrant de problèmes de voix. Alfred Tomatis découvrit rapidement que les traitements conventionnels ne fonctionnaient pas, et que très peu de recherche médicale avait été effectuée sur la voix. La plupart des problèmes de voix qu’il a diagnostiqué s’avérèrent être en réalité des problèmes d’écoute.
C’est alors qu’il mit en place sa théorie, que l’on peut résumer en 3 grands principes :
La voix ne peut pas produire un son que l’oreille n’entend pas.
Si l’écoute est modifiée, la voix est instantanément modifiée, de manière inconsciente.
La vocalisation peut être transformée de manière permanente grâce à une stimulation auditive maintenue sur une période prolongée.
A travers ses patients chanteurs d’opéra, il fit de nombreuses découvertes. Tandis que l’oreille peut subir des dommages avec des sons de 80 ou 90 décibels, un chanteur d’opéra produit souvent 150 décibels en chantant. Avec une écoute ainsi endommagée, ses patients forçaient leur voix à produire des sons dans des registres qu’ils ne pouvaient plus entendre. Il mit donc au point son dispositif d’oreille électronique, qui utilise un casque et des sons filtrés pour améliorer et augmenter les fréquences manquantes. L’objectif était alors de sensibiliser ses patients à ces fréquences.
Puis Tomatis commença à traiter d’autres problèmes à l’aide de la même méthode. Problèmes de lecture, dyslexie, dépression, schizophrénie sévère, et même des cas d’autisme. Il était convaincu qu’un nombre important de ces problèmes résultaient dans un défaut de communication lié à l’écoute et à l’oreille.
Le savoir émergeant sur la physiologie de l’oreille a montré que celle-ci commence à se former seulement quelques jours après la conception, et qu’elle est pleinement développée dès le quatrième mois de vie intra-utérine. Selon Tomatis, l’information en provenance de l’oreille fœtale stimule et guide le développement du cerveau. Il en vint à créer un nouveau champ thérapeutique, l’audio-psycho-phonologie.


Pourquoi Mozart ?


De nombreux témoignages de patients ont montré que l’écoute de la musique de Mozart a de puissantes propriétés de guérison. Amélioration de l’appétit, meilleure qualité de sommeil, meilleure énergie, mais aussi discours plus clair, confiance en soi…
Pourquoi la musique de Mozart produit-elle ces effets libérateurs, et non pas celle d’autres compositeurs, tout aussi talentueux ?
Tomatis s’est effectivement posé cette question.
Pour mener à bien son analyse, il a  procédé par élimination. Beethoven semble exiger une capacité d’écoute déjà bien installée, c’est la musique du mélomane. Mozart lui, offre à l’auditeur une liberté plus grande. L’auditeur peut passer d’une écoute fine à une écoute plus globale, et nous conduit à découvrir la musique. La musique de Mozart transforme l’auditeur en quelqu’un capable de percevoir et découvrir la musique, tout comme la musique présente dans toute structure linguistique. Mozart invite le système nerveux à un processus d’intégration de la musique : l’oreille est ouverte, réceptive, et peut déceler des fréquences jusqu’alors inaudibles.
Mozart échappe à toute rigidité, il permet à l’inspiration de passer à travers lui sous sa forme la plus pure. Le rythme de la musique et le rythme du corps coïncident. La musique n’est pas ressentie comme une contrainte, et libère les rythmes cardiaque et respiratoire. Ainsi une musique qui s’accorde aussi parfaitement aux rythmes vitaux de l’être humain, permet de libérer notre potentiel de ses blocages.
Son tempo, sa structure, sa consonance mélodique et harmonique, et sa prédictabilité sont caractéristiques. Tomatis explique :
« Il y a chez Mozart quelque chose d’ineffable qui le rend différent des autres. Il a en lui, dans son phrasé, dans sa recherche des rythmes, dans ses séquences, à la fois une plénitude et une liberté qui nous permet de penser et de respirer sans contrainte. Il fait appel au musicien en nous, comme si nous étions nous-mêmes les auteurs de ce qu’il a écrit. On dirait que les phrases musicales nous traversent d’une manière complètement unique. »
En analysant les spectogrammes de différents compositeurs, Tomatis définit les caractéristiques et spécificités de la musique de Mozart :
« Tout d’abord, l’aspect relâché de la phrase musicale offre un flux fluide, sans monotonie, et ce dans tous les travaux de Mozart. Puis la grande mobilité des associations sonores contribue à donner aux compositions de Mozart ce côté vivant et joyeux. Finalement, la base rythmique remarquable est inscrite dans un tempo permanent, avec 120 pulsations par minute. Cette modulation peut être identifiée de manière systématique dans chacune des compositions de Mozart. »


C’est dans cette liberté, dans l’écho de la musique avec les rythmes inhérents au vivant, que l’écoute de la musique de Mozart prend tout son sens dans un rééquilibrage par la stimulation de l’oreille selon Tomatis.

 

Lien sur un article de l'Express, écrit par Madame Léna Tomatis

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